Contenant et contenu 

Comme dans tout projet on commence par chercher de façon rapide et superficielle et on tombe tantôt sur un carton, une clé ou un sac en papier. C’est ce qui m’est arrivé lorsque cette boîte contenant un revolver a été mise aux enchères dans une salle des ventes. C’était la première fois que je rencontrais un tel emballage en polystyrène expansé contenu dans une boîte en carton multicolore. Mon espoir, mais je ne suis pas le seul petit collectionneur à suivre ce genre de piste, est toujours de tomber sur une pièce exceptionnelle. En tant que collectionneur, on commence par étudier les motifs que porte la boîte en carton et quel emballage interne elle peut bien renfermer. Celle-ci portait un numéro de série mais le poids de l’emballage se réduisait au strict minimum !

D’après ce que nous avons appris récemment, le Santa Barbara était livré au client dans une boîte en polystyrène expansé avec un couvercle en carton. Un autocollant apposé sur la face avant indiquait le type de finition pour les modèles autres que la version de base. On lisait Type 1, 2 ou 3 pour les versions gravées alors que la version de base ne comportait aucune indication de type.

 

Vorderseite

 

 

Une sorte de sceau à briser pour ouvrir l’emballage garantissait que le produit était bien en condition de qualité usine et que la boîte n’avait pas été ouverte. Quel bonheur pour le premier acheteur que ce rompre ce sceau. Le collectionneur n’aurait même pas ouvert la boîte ! À la livraison, on n’avait pas lésiné sur la graisse d’emballage sur cette belle pièce ce qui fait qu’on distinguait parfaitement les traces de « Molykote » dans la boîte ! 

            Seite Karton

 

 Seite Karton 1

Santa Barbara Karton 1

 

Les flancs du couvercle portent la désignation du modèle de revolver comme on le voit ici pour un Remington NMA 1858 et les bords courts portent l’un la version du modèle et l’autre le numéro de série où le zéro est remplacé par un point.

 Standard   SN auf Karton

Cette boîte était munie d’un certificat de garantie comportant un numéro de série avec dactylographié en en-tête. Ce serait formidable de pouvoir retrouver la trace du revolver manquant. Ici aussi, on sent l’amour du détail. Rien à voir avec ce qui se fait à la va-vite.

 

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La deuxième page contenait le certificat de réception du banc d’épreuve avec la description du produit. Ainsi l’acheteur pouvait-il être sûr d’avoir acheté un produit de haute qualité assurée par l’établissement public « Empresa Nacional Santa Barbara, Spain » et n’avait pas à se demander s’il ne courait pas le risque de se retrouver blessé voire pire pour avoir tiré avec cette arme !

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La troisième page décrit le processus de chargement de l’arme. Cela non plus ne s’était encore vraisemblablement jamais trouvé chez aucun fabricant. Reste la question de savoir depuis combien de temps un tireur aux armes à chargement par l’avant doit être titulaire d’une licence d’emploi des poudres de tir au titre du § 27. Ce n’était vraisemblablement pas encore le cas à cette époque.

Il se pose la question, combien de temps doit avoir le tireur de chargeur frontal après § 27 explosifs de la licence et aussi le prouver. Lors de l’achat en ce moment probablement ne pas encore.

 

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La dernière page présente une vue éclatée du revolver avec les numéros de pièces de rechange correspondantes. Il s’agit d’une grande avancée dans le cadre du service après-vente des revolvers à chargement par l’avant. Une telle documentation valait et vaut encore son pesant d’or ! Se manifeste ici encore une conception globale du travail qui justifie vraisemblablement à elle seule le prix demandé. Seulement la mentalité « petit joueur » a là aussi frappé et d’avarice. Et il ne s’est vendu qu’à peine 10.000 exemplaires de cette arme. C’est peu par comparaison avec les productions italiennes mais aujourd’hui le Santa Barbara reste le plus demandé par les compétiteurs. Le concurrent direct à l’époque aura été le Centaure belge, produit comme l’espagnol dans les meilleurs matériaux et avec l’amour de la perfection.

 

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Aux documents est jointe une carte au moyen de laquelle on peut, de façon curieuse, s’enregistrer aux États-Unis. Il serait intéressant pour nous de savoir si quelqu’un s’est enregistré et ce qu’ont répondu les États-Unis. Ces cartes sont encore plus rares que les documents de garantie ou le carton d’emballage. Heureux qui possède une telle carte dans sa collection et plus encore qui a reçu une réponse dans les années 1970.

 

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Évidemment, le matériel du coffret comprend une clé à cheminée qui permet au tireur de conserver son brave « Remy NEW MODEL ARMY » en bon état ne fût-ce qu’en le nettoyant. La clé elle-même fabriquée dans le meilleur matériau ne montre aune trace d’usure après des années d’utilisation. Si on en trouve une endommagée, c’est qu’elle a dû faire ses classes pendant les guerres indiennes !

 

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Nous souhaitons faire ici une brève digression sur de jolies poires à poudre présentant différents motifs et dessins. D’ordinaire, c’était l’ensoleillée Italie qui fournissait mais les États-Unis se montraient aussi par l’intermédiaire de certains détaillants. Celui qui affectionnait son revolver lui offrait un abri bien au sec sous la forme d’un coffret en bois. Soit à l’anglaise avec des compartiments pour le petit matériel comme les boîtes d’amorces et les balles de plomb, ou à la française avec un confortable molleton. 

 

 

 

L’artiste français

Paul Dominique Philippoteaux 

 mann mit kopf

 

Paul Dominique Philippoteaux (27 janvier 1846 à Paris ; mort en 1923) est un peintre Français, né à Paris le 27 janvier 1846. Son père, Félix Philippoteaux, travaillant également comme peintre, lui donne ses premières leçons d’artistiques. Ensuite, il fait des études brillantes au Lycée Henri IV puis entre à l’École des Beaux-Arts. Ses professeurs Léon Cogniet et Alexandre Cabanel lui permettent de participer à l’exposition qui n’a lieu qu’une fois par an au Salon de Paris !

Il est connu non seulement pour ses peintures à l’huile et portraits, mais surtout par ses peintures panoramiques monumentales. Il a aussi aidé dans ce domaine par son père. Son grand « Cyclorama » de la bataille de Gettysburg est l’un de ses tableaux les plus célèbres. En 1879, il accepte le travail et se rend aux États-Unis en 1882, pour aller voir le champ de bataille par lui-même. Il en fait des photographies et rencontre certains des survivants de la bataille. Il s’agit par exemple, d’Abner Doubleday, Winfield et d’Oliver Otis Howard. En plus de son père, quatre assistants l’aident dans la réalisation de ce tableau.

 große Schlacht1

                            

Le carton de la boîte du revolver montre deux extraits de la scène de la bataille.

Il faut prêter une grande attention au tableau pour y localiser les deux extraits.

u tableau pour y localiser les deux extraits.

 

Darstellung SB Umkarton Seite B

Darstellung SB Umkarton Seite A